Les Brèves

L’hivernation des Amphibiens

Un peu d’étymologie
Le nom amphibien vient du grec et signifie : « double vie ». La majorité d’entre eux commencent en effet leur vie dans l’eau (têtard) et gagnent ensuite le milieu terrestre après la métamorphose. Ils restent liés à l’eau pour la reproduction.
Le Crapaud calamite
 
Sang chaud ou sang froid ?
Les amphibiens ne sont pas, comme on l’entend souvent, des animaux à sang froid. Leur température corporelle est variable et se régule en fonction de la température extérieure : ils ne sont pas capables de produire leur propre chaleur. A l’inverse des mammifères par exemple, qui maintiennent leur température corporelle grâce à un métabolisme élaboré, la régulation de la température est comportementale. Elle s’effectue par la recherche de lieux ayant une température adaptée à leurs activités. Les amphibiens jonglent ainsi entre différents micro-habitats (terrier ombragé, eau, pierre ensoleillée), et régulent de manière très fine leur température.


La Grenouille verte

 
Au rythme des saisons
Leurs fonctions vitales dépendent donc de la température interne elle-même tributaire du milieu ambiant (air, support, ombre, ensoleillement…). Sous climat tempéré, la vie des amphibiens est donc rythmée par l’alternance des saisons : l’hivernage et l’activité. Il faut cependant savoir que si leur activité cesse presque totalement pendant les périodes froides (période hivernale), elle se ralentie également en période de canicule (période estivale). Pendant ces deux périodes, les comportements de thermorégulation ne suffisent pas pour contrebalancer les températures extérieures extrêmes. Ils recherchent alors des refuges frais et humides (les amphibiens sont également très sensibles à la dessiccation) et réduisent les dépenses énergétiques, en attendant des périodes plus propices. Ainsi, les mois caniculaires des zones méditerranéennes sont aussi dangereux pour les amphibiens que les hivers glacials des zones septentrionales.

La Grenouille taureau (invasive)
   

La Rainette Méridionale
La respiration par la peau
La respiration des amphibiens se réalise à la fois par la peau et les poumons. Durant la période d’hivernation, l’activité et les dépenses énergétiques étant réduites au minimum, la respiration par la peau suffit au maintien de la vie de l’animal, il peut donc s’enterrer ou s’enfouir sous la vase et respirer l’oxygène contenu dans l’eau ou dans la terre sans necessiter de remonter à la surface.
     
Une hivernation en pointillés
Cependant, l’hivernation des amphibiens n’est pas totale, comme peut l’être l’hibernation du Loir par exemple. Ils peuvent, en effet, au moindre redoux, sortir de leurs abris. Durant les hivers doux, les pluies stimulent la sortie d’hivernation et des reproductions peuvent ainsi avoir lieu alors qu’elles se pratiquent en général à la sortie définitive d’hivernation qui se fait, selon les espèces, les régions et l’altitude, entre les mois de mars et de juin.


L'Alyte

 

La Grenouille agile
Conserver les amphibiens et leurs milieux de vie
Ces différentes caractéristiques biologiques rendent les amphibiens exigeants en matière d’habitat. Pour permettre leur survie, il faut alors protéger non pas un milieu, mais un ensemble de milieux permettant leurs différentes activités saisonnières (hivernation, reproduction, estivation, nourriture, etc). En terme de conservation, il faut donc maintenir les différents habitats, mais également les voies de circulation entre chacun de ces milieux. Or c’est justement sur ce point que les amphibiens sont le plus gravement touchés. En effet, la construction de routes, de murs, de barrières de protection empêche la traversée de ces petits animaux à la mobilité réduite. De nombreux amphibiens sont ainsi retrouvés morts chaque année sur les routes, au printemps et en automne, lorsqu’ils rejoignent leur site de reproduction ou d’hivernation. Les aménageurs ou constructeurs doivent absolument prendre en considération ces espèces et réaliser les aménagements nécessaires à leur survie.
La population des amphibiens a subi une forte régression de part la destruction de leurs habitats et la pollution et ils sont aujourd’hui intégralement protégés par la loi.

 


 

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