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Les Brèves 
Papillons et jardins
L’observatoire
des papillons
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Le Zygène - MB
Article suivant de Dominique Raizon
- Article publié le 10/04/2008 Dernière mise
à jour le 15/04/2008 à 16:49 TU :
« Alors que près de 50
% de la population des papillons de prairies a disparu en
Europe en 15 ans, le Muséum d’Histoire naturelle
de Paris (France) et l’association Noé Conservation
lancent la 3e saison de l’Observatoire des papillons
des jardins (OPJ). Cette vaste opération publique
vise à répertorier dans les jardins les différentes
populations de lépidoptères, pour mieux sauvegarder
les espèces menacées et sensibiliser les jardiniers
à leur rôle important pour la conservation
de la biodiversité.
Les papillons rassemblent plus de 200
000 espèces sur les quelque 1 750 000 connues à
la surface de la Terre, et représentent donc à
eux seuls plus de 10% des espèces répertoriées.
En 2006, 28 espèces communes de papillons ont été
identifiées en France. A l’issue du deuxième
Observatoire des papillons des jardins, cette liste a été
augmentée, en 2007, de 18 nouvelles espèces.
Pour l’édition 2008, l’objectif des entomologistes
est d’étoffer encore la couverture géographique
et de renforcer le recensement dans l’est, le centre
et le sud du pays.
Les papillons qui égaient les
prairies, les jardins et les balconnières disparaissent
de nos paysages. Pourtant, ce sont des pollinisateurs importants
qui jouent un rôle crucial dans le fonctionnement
des écosystèmes. En créant un réseau
national de surveillance des espèces communes de
papillons diurnes, l’OPJ réalise une vaste
opération éco-citoyenne, visant à mieux
comprendre les dynamiques écologiques, en lien notamment
avec les changements climatiques.
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Les
menaces
D’ores et déjà, les facteurs responsables
de la régression des papillons depuis une quinzaine
d’années sont connus. L’utilisation d’insecticides,
la raréfaction des habitats naturels due à l’urbanisation
et à la standardisation des pratiques agricoles -telles
que le remembrement par exemple ou la diminution du pâturage
extensif-, l’éclairage électrique, enfin,
ainsi que le réchauffement climatique constituent autant
de nuisances écologiques pour ces insectes, auxquelles
viennent s'ajouter les espèces invasives qui détruisent
les populations locales.
Avec quelque huit mille tonnes de produits sanitaires vendus
chaque année dans les jardineries, l’utilisation
des pesticides est responsable du quart de la pollution des
eaux de surface et des nappes phréatiques. Les jardins
représentant plus d’un million d’hectares,
soit environ 2% de la surface de la France -quatre fois plus
que les réserves naturelles-, les pratiques de jardinage
constituent donc un enjeu de taille pour la préservation
des espèces.
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Des
jardins nature
Si les papillons n’affectionnent pas les jardins dessinés
au cordeau, préférant plus généralement
le tendre fouillis et les herbes folles, ils trouvent un habitat
naturel dans les taillis fleuris d’essences variées
et sauvages. Dès lors on peut s’interroger :
quelles plantes auraient disparues, n’attirant plus
par conséquent les papillons ? Quelles plantes se seraient
raréfiées du fait qu’elles sont moins
pollénisées ? Et l'arrivée des OGM jouerait-elle
un rôle ?
Ne plus faire la guerre aux orties …
A titre d’exemple, l’ortie est emblématique,
souvent maltraitée par les jardiniers qui la considèrent
comme une « mauvaise herbe » et épandent
des désherbants. Pourtant, cette plante herbacée
qui affectionne, tout comme le chardon et les graminées,
les haies, les fossés, les jardins et les décombres,
est également l’habitat naturel où se
reproduisent les papillons migrateurs, tels que le Vulcain
et la Belle-Dame. Sa propre reproduction est assurée,
en retour, par les insectes et par le vent. Faire la guerre
aux orties revient à se priver de la chasse aux papillons.
… Et semer
des tapis de violettes
Alors comment favoriser le retour des papillons dans les jardins,
les prairies et sur les balconnières ? En semant des
tapis de violettes, par exemple, pour séduire Grand
Nacré et le Petit Collier Argenté ou de la jachère
pour habiller les prairies de fleurs sauvages et attirer les
Lycènes bleus, les Hespérides tachetées
et les Piérides blanches ; ou bien en soignant son
petit carré de plantes aromatiques de thym, de ciboulette,
de cerfeuil, de basilic et de romarin et le border de fleurs
colorées et parfumées comme la mauve et la lavande,
la jacinthe ou l’héliopsis … ».
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Le Flambé
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Le Flambé, Iphiclides
podalirius
Description et comportement
Taille
De 60 et 80 millimètres. La femelle est
plus grande que le mâle.
Couleur
Les ailes du flambé
sont jaune pâle et possèdent six lignes noires
latérales inégales qui partent du bord externe
des ailes et vont en se rétrécissant. Les
ailes postérieures sont dotées d'une longue
queue noire et jaune et arborent chacune une tache bleue
(ocelle) entourée de noir et surmontée d'une
zone rousse. Plusieurs festons bleus en forme de demie lune
ornent le bord des ailes postérieures.
Le flambé est un papillon diurne. Il apprécie
la chaleur. On peut le retrouver en montagne jusqu’à
2400m d’altitude. Ils se servent souvent des courants
aériens pour voler.
Habitat
Varié. Versants de collines ensoleillés, secs
et rocailleux avec une végétation clairsemée
comportant des arbres et arbustes à fleurs ( des
pruniers, aubépine, buddleias…)… Egalement
dans des lieux broussailleux.
Répartition
Présent sur toute l’Aquitaine.
Menaces
Comme beaucoup d'insectes le flambé est menacé.
Cette menace provient essentiellement de la disparition
progressive de ses plantes hôtes et de l'usage des
insecticides.
Clin d’œil
Attention, il ne faut pas confondre le flambé avec
le Voilier blanc (Iphiclides feisthamelii) qui est plus
grand, dont le jaune des ailes est plus clair et qu'on rencontre
dans le Sud de la France et dans la péninsule ibérique.
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