|
Les Brèves 
Un crapaud très rare : le Pélobate cultripède, crapaud dit "à couteaux"
| |
.gif)
Pélobate cultripède - M.B - Cistude Nature
|
Un nouveau programme conservation
Le Pélobate cultripède est une espèce menacée dont les habitats sont en forte régression. En Aquitaine, les populations sont fortement liées aux milieux aquatiques dunaires, milieux en forte régression, subissant depuis plusieurs siècles d’importantes pressions anthropiques. |
| |
Le Pélobate cultipède et ses milieux de vie doivent être protégés
La conservation du Pélobate cultripède en France requiert la mise en place d'une gestion conservatoire des populations dans les régions où il subsiste aujourd'hui. Ceci passe nécessairement par la connaissance de l'espèce et de ses exigences en terme d’habitat, c'est-à-dire l'étude de sa répartition géographique, l’étude de la typologie des milieux utilisés et l’étude de ses spécificités écologiques départementales.
Les connaissances actuelles sur la répartition récente sont fournies par l'Atlas National de Répartition de 1989 coordonné par la Société Herpétologique de France (coordination régionale ancienne Pascal Grisser ; coordination récente Matthieu Berroneau- Cistude Nature). Sa distribution doit être affinée, afin de protéger les habitats utilisés et les corridors biologiques subsistants. Cistde Nature va mettre en place un programme de conservation. |
| |
|
Le Pélobate cultripède, Pelobates cultripes
Protection nationale : Oui, depuis 1979
Directive habitat : Annexe 4
Convention de Berne : Annexe 2
UICN : NT (espèce menacée)
Liste rouge nationale : vulnérable
L’espèce n’est en effet présente que dans trois pays européens, le Portugal, L’Espagne et la France. |
Pélobate cultripède - M.B - Cistude Nature |
| |
Distribution mondiale
Répartition générale
Le Pélobate cultripède est une espèce dite ibéro-française méridionale. Son aire de répartition est limitée au sud-ouest de l’Europe : moitié sud de la France, Portugal, et Espagne. En France, il occupe la région méditerranéenne, des Pyrénées-orientales à la région de Fréjus, et la région atlantique, du littoral Girondin à la Presqu’île de Guérande (Thirion et al. 2002, Géniez & Cheylan,2005 ; Muratet 2007). Le Pélobate cultripède est une espèce peu abondante en France, elle est en déclin sur l’ensemble de son aire de répartition. |
|
Pélobate cultripède - M.B - Cistude Nature |
En Aquitaine
En ce qui concerne la région Aquitaine, les données répertoriées sont rares et dispersées présentant une aire de répartition discontinue. Seules quatre stations sont aujourd’hui répertoriées, deux sur le littoral et deux dans les terres, toutes en Gironde. |
|
Les causes de sa régression
Les menaces qui pèsent sur les populations de Pélobate cultripède sont nombreuses. Parmi elles, une des plus importantes concerne la disparition des sites de reproduction. Les causes sont diverses et peuvent être attribuées à l’essor de l’urbanisme principalement, le drainage des zones humides, mais également à l’empoissonnement des sites de reproduction ainsi que l’introduction d’écrevisses allochtones. La fermeture et la fragmentation du milieu peuvent également représenter d’importantes causes de régression. |
| |
Présentation de l'espèce
Description
Le Pélobate cultripède est un anoure d’assez grande taille, et d’allure ronde. Le museau est court et arrondi. Il présente des yeux exorbités à pupille verticale.
Il a pour particularité la présence, sur ses membres postérieurs, d’un tubercule métatarsien en forme de petite pelle, d’un noir brillant, auquel il doit son nom familier de « crapaud à couteaux ». Ce tubercule lui permet de s’enfouir dans le sol.
Sa peau a un aspect relativement lisse contrairement aux bufonidés. De couleur brun jaunâtre, elle est parcourue de tâches plus ou moins foncées, propres à chaque individu.
Les mâles adultes ne portent pas de callosité nuptiale ni de sac vocal, mais possèdent une protubérance charnue en forme d’olive allongée sur le dessus des membres antérieurs (Duguet & Melki, 2003). |
.gif)
Pélobate cultripède - M.B - Cistude Nature
|
.gif)
Individu s’enfouissant dans le sable - M.B - Cistude Nature |
Biométrie (ex. en charente-maritime)
Taille : entre 46,7 mm et 96,4 mm
Poids : entre 100g et 114g (n = 412) (Thirion, 2001).
Longévité
Pour certains individus, peut atteindre 10-15 ans et la maturité sexuelle semble survenir à l’âge de deux ans.
|
Habitat
Contrairement à ce qui a longtemps été écrit, le Pélobate cultripède n’est pas strictement lié aux substrats sableux bien que ce type d’habitat lui soit très favorable. En effet, il fréquente les terrains meubles littoraux (dunaires, et arrière-dunaires), mais peut aussi se rencontrer sur des terrains à sols plus compacts (notamment dans le sud de la France). Dans les régions littorales, il occupe les dépressions humides de l’arrière dune, les marais littoraux, les dunes grises à végétation rase, et même parfois les dunes boisées. Il peut également occuper des zones de vignes. Pour accomplir son cycle de vie, il semble préférer les points d’eau dégagés avec une végétation rivulaire assez rase. |
.gif)
Ponte de Pélobate cultripède - M.B - Cistude Nature
.gif)
Tétârds de Pélobate cultripède -P.P- Cistude Nature
|
Reproduction
La période de reproduction débute à la fin de l’hiver. Elle s’étale selon les années de la troisième semaine de février au mois d’avril, exceptionnellement jusqu’à début mai (Géniez & Cheylan, 2005). Les sites de reproduction se caractérisent par une profondeur d’eau assez importante, par des abords bien dégagés et par un pH neutre ou basique. Les poissons et les grenouilles vertes en sont généralement absents. Une fois sous l’eau, les mâles émettent des signaux nuptiaux. Les pontes sont enroulées autour de la végétation et déposées à faible profondeur, généralement à moins de 20 cm sous la surface (Thirion, 2006). Il s’agit de longs cordons, assez similaires aux cordons de Bufo, mais plus épais, plus enroulés à la végétation, et comportant un plus grand nombre de rangées d’œufs.
|
Développement
Les têtards se développent sur plusieurs mois, voire un an, pour accomplir leur métamorphose complète. Les émergences sont donc visibles à partir de juin-juillet. En région méditerranéenne,en fonction des conditions climatiques, une deuxième période de ponte a lieu à l’automne (en septembre ou en novembre). Cette reproduction automnale régulière dans le Midi de la France est plus exceptionnelle sur le littoral atlantique (Géniez & Cheylan, 2005). Les têtards issus de ces pontes tardives passent l’hiver dans l’eau et n’émergent qu’au printemps suivant. Les têtards, au cours de leur développement, peuvent atteindre des tailles assez importantes, et prennent une forme caractéristique oblongue. |
Régime alimentaire
La recherche de proies se pratique surtout la nuit. Son régime alimentaire se compose essentiellement d’invertébrés : Araignées, Opilions, Coléoptères, Hémiptères, Hyménoptères, Lépidoptères, Orthoptères, Diptères, Fourmis, larves d’Insectes, etc. (Thirion, 2006). Les têtards se nourrissent de plantes et d’algues, mais peuvent avoir également un comportement détritivore voire carnivore lorsque la nourriture se fait plus rare (Duguet & Melki, 2003).
Cycle d'activité et comportement
L’activité terrestre se déroule exclusivement de nuit, de fin mars à juin, puis à nouveau de fin août à début novembre. Quelques sorties en hiver ont cependant été observées sur le littoral (Duguet & Melki, 2003 ; Berroneau M. comm. Pers.). De jour, l’animal reste enfoui dans un terrier de 6 à 20 cm de profondeur, jusqu’à 40 cm et plus durant l’hiver. Il le creuse à l’aide de ses tubercules cornés situés à la base du métatarse. La nuit (environ deux heures après le coucher du soleil), il sort de sa cache (terre, sable, ou terrier d’autres espèces) pour rechercher sa nourriture. |
Pélobate cultripède - M.B - Cistude Nature |
| |
Déroulement du programme d'étude
Ce programme de deux ans s’appuiera sur quatre axes de travail permettant, à terme, de proposer des mesures efficaces pour la conservation du Pélobate cultripède.
- la répartition du Pélobate cultripède en Gironde et l’état des lieux de ses milieux de vie,
- l'étude de populations de Pélobate cultripède sur un ou plusieurs sites définis,
- la proposition de mesures de gestion à but conservatoire,
- la sensibilisation des acteurs de l’environnement et du public à l'espèce et à son milieu de vie.
Les deux années de suivi permettront d’acquérir les connaissances essentielles sur l’évolution des populations et sur leurs exigences. |
| |
Les objectifs du programme
- Acquérir les connaissances scientifiques nécessaires à la préservation du Pélobate cultripède et de ses habitats,
- Mettre en oeuvre cette préservation par :
- la création d'outils décisionnels : cartographie de la présence de l'espèce en Aquitaine,
- la définition de mesures de gestion adaptées aux populations de Pélobate cultripède et à leurs milieux de vie,
- la réalisation de supports de communication : sensibilisation et diffusion des résultats (dépliant enquête, site Internet, communication scientifique). |
Pélobate cultripède - M.B - Cistude Nature |
| |
 |
 |
|